2-Lectures du mois

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Addiction : l’interview ultime

Transmis par Christophe Peiffer

Il y a quelques mois, j’ai eu l’opportunité d’interviewer Dépression. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à le faire car elle vaut vraiment le détour (l’interview hein, pas la Dépression). Récemment une autre opportunité s’est présentée à moi; celle de pouvoir échanger avec un autre Problème qui s’invite dans la vie de plus en plus de personnes, sous une multitude de formes différentes et aux effets on ne peut plus dévastateurs. Aujourd’hui, je vous emmène avec moi à la rencontre d’Addiction.

Bonjour. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Addiction, j’investis la vie de nombreuses personnes depuis des décennies,  mais je connais un succès grandissant depuis ces dernières années. Notamment avec une augmentation significative de l’utilisation de deux armes faisant partie de mon arsenal : la cocaïne et les jeux d’argent. Mais je reste aussi toujours très active avec mes autres armes létales que sont l’alcool, le tabac et le cannabis.

Pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur la cocaïne et les jeux d’argent ?

Simple.

Pour la cocaïne, mon action est facilitée par la baisse des coûts d’achats et de la plus grande disponibilité du produit. Je peux donc m’inviter chez un plus grand nombre de personnes qu’avant. Là où il y a encore une dizaine d’années, je rentrais dans la vie de gens relativement aisés, aujourd’hui je peux envahir le quotidien de quasi tout le monde. Et comme ce produit m’ouvre la porte en très grand, mon installation est rapide, puissante et durable.

Pour les jeux d’argent, je crois que je bénéficie de l’essor du numérique et des plateformes de jeux d’argent en ligne. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de me dissimuler pour agir à ma guise quand la personne est tranquillement chez elle devant son ordinateur. Fini les agents de contrôle d’accès  à l’entrée des casinos qui contrariaient mes ambitions à l’époque.

Mais comme je vous le disais, l’alcool est aussi une arme que j’utilise encore beaucoup, de par son accès très facilité dans les commerces et sa représentation de « liant social » dans la société. C’est un peu mon produit « valeur sûre » et dont j’ai une longue expérience dans son utilisation.

Vous dites que vous entrez dans la vie des gens; mais à quel moment faites-vous celà ?

Alors, c’est très variable selon les personnes. En général avant de m’imposer, je fais toujours tester mes produits et souvent dans des contextes plutôt agréables comme une soirée, une fête, un repas entre amis ou toute occasion où les gens se retrouvent à plusieurs pour passer un bon moment. Exceptions faites pour les jeux d’argent ou d’autres types de comportements plutôt solitaires : jeux vidéos, réseaux sociaux, pornographie, sport, travail, achats compulsifs, certaines conduites alimentaires, etc. Dans ces cas, on me qualifie d‘Addiction sans substance. Mais bon, peu m’importe, tant que je peux nuire tranquillement, ça me va.

Ensuite, en fonction de certains éléments propres à chaque personne, je repère celles et ceux chez qui je vais pouvoir m’installer durablement. Je leur montre alors les avantages qu’ils peuvent avoir en consommant mes produits : gagner de la confiance en eux, apaiser un mal-être, anesthésier une souffrance, diminuer une anxiété, combler un sentiment de vide, faire oublier des difficultés, compenser un attachement insécurisant vécu dans l’enfance,, etc. C’est donc une forme de récompense que je leur propose en consommant mes produits. Et c’est là une grande partie de ma stratégie d’installation durable : leur faire croire qu’en m’invitant dans leur vie, leur quotidien sera meilleur ou plus facile à supporter.

Quelles sont vos intentions quand vous voulez faire croire ça ?

Et bien je dirais qu’au début, c’est comme faire un tour de magie en transformant un peu le réel en quelque chose qui peut être attrayant, voire plaisant. Une forme d’illusion à laquelle il est facile d’adhérer.

Après, une fois que les personnes ont mordu à l’hameçon, mon intention se résume uniquement à ce qu’elles soient sous mon emprise et consomment les produits que j’ai en stock. Ni plus, ni moins. Elles finissent ainsi par travailler uniquement pour moi, en me nourrissant sans que je ne fasse aucun effort.

On peut donc dire qu’au final, mon intention ultime est de leur faire oublier leur pouvoir d’agir dans leur vie.

Y-a-t-il des moments où vous vous exprimez particulièrement fort ?

Ça m’arrive en effet dans plusieurs situations, mais là comme ça, j’en vois deux principalement.

La première situation est quand les personnes qui sont sous mon emprise s’inscrivent dans une démarche pour se débarrasser de moi. Vous comprendrez facilement que ce n’est pas quelque chose que je souhaite et donc je profite de la moindre occasion pour me rappeler à eux, de manière très insistante. C’est une technique spéciale que j’utilise qui s’appelle le Craving et qui consiste à générer chez la personne une pulsion, une envie impérieuse et irrépressible de reproduire l’expérience à la base de la conduite addictive (consommer une substance ou exécuter un comportement/une activité qui active le sentiment de récompense). Tout ceci bien sûr contre sa volonté.

J’interviens aussi assez fort dans les situations où le réel vient toquer à la porte d’une personne. Comme je le disais plus haut, l’une de mes intentions est de transformer le réel en une réalité illusoire. Du coup, quand un élément du réel émerge aux yeux d’une personne sous mon emprise, elle se sent très vite dépassée par la situation, car je lui ai fait perdre l’habitude d’utiliser ses propres ressources pour y faire face; je peux alors débarquer avec toute ma force de persuasion et lui faire croire que « ça va aller », que « ça va s’arranger » ou qu’« elle va y arriver », si elle cède à mes avances et consomme mes produits.

Qu’appelez-vous « un élément du réel où la personne se sentirait dépassée » ?

Et bien ce sont toutes ces situations du quotidien qui génèrent des inconforts émotionnels divers et variés :

  • frustration d’une attente insatisfaite,
  • injustice issue d’un conflit,
  • déception suite à un échec,
  • abandon d’une relation,
  • rejet d’un ami,
  • anxiété d’un RDV futur,
  • dévalorisation auto-infligée,
  • solitude subie,
  • etc.

Plus globalement, les situations qui m’offrent une grande liberté d’action sont donc les états émotionnels désagréables comme nous venons de le voir mais aussi ceux qui sont agréables (une bonne nouvelle, une réussite, un mariage par exemple). Ca peut paraître paradoxale mais j’ai cette capacité de faire croire tout et son contraire.

Il y a enfin les conflits interpersonnels ou encore ce qui est appelé la pression sociale (les « amis » chez lesquels je suis aussi en mission sont mes meilleurs ambassadeurs).

Pouvez-vous nous raconter l’un de ces moments où vous avez pris totalement le dessus ?

Oui, pas plus tard que la semaine passée, l’une des personnes chez qui j’interviens depuis plusieurs années de manière discrète mais récurrente, a vécu une séparation (en lien quand même avec mes actions, certes) et là, son sentiment d’abandon s’est exprimé au maximum. Cela m’a ouvert une voie royale pour sortir de ma discrétion et pouvoir agir à mon plein potentiel. J’ai alors pris complètement les contrôle sur sa vie sans qu’elle ne puisse décider quoi que ce soit. Situation basique mais efficace.

Avez-vous une ou plusieurs stratégies pour imposer votre loi ?

Oui, j’en ai plein.

La base c’est quand la personne voit ou entend quelque chose en lien avec l’un de mes produits. La vue d’une bouteille d’alcool dans un magasin ou la rencontre d’un compagnon de fête. J’active alors différents circuits dans son cerveau correspondant à mes différentes interventions : soit la récompense (avec des armes comme la cocaïne, l’ecstasy ou le crack), soit le soulagement d’un stress ou d’une tension (avec des armes comme le cannabis ou l’alcool), soit l’obsession envahissante (avec les armes comme les jeux d’argent, le sexe ou la pornographie, les jeux vidéos)

De manière plus subtil aussi, l’une de mes stratégies favorites est de créer des croyances chez la personne sous mon emprise. J’ai trois options que j’active en fonction du contexte :

  1. Soit je manipule la personne en créant chez elle une attente positive par rapport au produit. Elle anticipe alors un plaisir après que je lui aurai susurré à l’oreille : « Tu seras plus ceci ou moins celà si tu consommes ».
  2. Soit je la manipule en lui faisant croire que je suis la seule option pour qu’elle se sente soulagée d’un manque ou d’un mal-être. Je suggère alors : « Il te faut le produit pour te sentir mieux ».
  3. Ou alors je tente la carte de la permission que la personne croit se donner à elle-même alors que c’est moi qui lui dit discrètement : « Après tout, tu as bien mérité un petit remontant après cette semaine de travail ». J’avoue que celle-ci est un peu vicieuse, mais j’en suis assez fière.

Parvenez-vous à agir au-delà de la personne elle-même ? Si oui, pouvez-vous nous donner un exemple ?

Oui bien sûr. L’exemple le plus fréquent de mon influence au-delà d’une personne est celui sur son entourage familial, professionnel ou sentimental. Etant donné que l’un de mes principaux effets est d’altérer sa lucidité en même temps que transformer ses sentiments et émotions, j’obtiens que la personne prenne régulièrement des décisions impulsives, non réfléchies et donc très souvent avec des conséquences fâcheuses voire délétères pour elle et par extension pour son entourage.

Par exemple, parmi les plus gros effets que je produis au-delà de la personne, il y a la perte d’emploi, des dépenses importantes, des séparations, de la violence, des problèmes judiciaires, des mises en danger, etc.

Quelle est votre influence sur ses projets, ses espoirs, ses rêves pour son avenir ?

Je dirais qu’au fur et à mesure que je m’installe dans la vie des gens, ce genre de projections vers l’avenir diminue petit à petit, jusqu’à disparaître complètement. A plus ou moins court terme, ils ne pensent plus qu’à me nourrir moi, en consommant et re-consommant mes produits. Je deviens le centre de leur préoccupation quotidienne. C’est comme ça que je vois que j’ai pris un total contrôle sur eux.

Passons maintenant à un autre angle de vue vous concernant. Vous arrive-t-il d’échouer dans votre entreprise ? Qu’est-ce qui vous aurait « échappé » ?

Je ne suis pas trop à l’aise avec ce type de questions, mais bon je vais jouer le jeu.

Il m’arrive en effet de perdre de l’influence chez certaines personnes et parfois même d’échouer complètement. J’aimerais si possible que ces propos ne soient pas trop partagés car ce n’est pas très bon pour mes affaires.

Soit.

Les situations qui mettent à mal mes projets sont généralement toutes celles où la personne tente de reprendre sa vie en main, que ce soit en suivant un parcours de soins en institution, en s’inscrivant dans des dispositifs spécialisés qui ont pour mission de faire échouer mes plans ou tout autre moyen dont l’objectif est de me nuire..

Là où je ne suis pas aidé non plus, c’est quand mon influence n’a pas d’effet sur les personnes qui soutiennent mon hôte (nous en parlions tout à l’heure). En effet, si l’entourage garde un regard non culpabilisant sur lui et la soutient dans sa démarche pour se débarrasser de moi, j’ai moins de chance d’arriver à mes fins. A un moment donné, s’ils sont tous contre moi, ça devient compliqué. Je préfère alors lâcher l’affaire et me concentrer là où c’est plus facile.

Parfois, je tombe aussi dans un piège que je n’ai pas vu venir.

Je m’explique.

Si une personne n’a pas ou n’a plus d’entourage pour la soutenir (parce que j’aurai déjà réussi cette partie de mon plan), alors je suis hyper confiante pour agir à ma guise quand bon me semble. Mais du coup, je suis moins attentive à certaines personnes qui débarquent dans la vie de mon hôte et avec lesquelles une relation de confiance et de soutien s’instaure; les psy en tout genre en font partie. Ils ne gagnent pas la partie à tous les coups, mais j’avoue que quand ça se passe bien entre la personne et son thérapeute, j’ai beaucoup moins de prise sur sa vie.

Quels discours ou idées peuvent réduire la place que vous prenez dans la vie des gens ?

Déjà , du moment où ils ne me confondent plus avec qui ils sont, je suis mal barrée. Rien qu’avec cette idée où je suis identifiée comme un Problème qui n’est pas la personne, je suis fragilisée. Il ne faut pas oublier que l’une de mes principales forces est de me faire passer pour la personne elle-même.

Ensuite, il y a des discours dans lesquels les gens ont tendance à se reconnaître et à se sentir plus valorisés, et dont j’ai pourtant fait tout mon possible pour qu’ils les oublient ou ne les considèrent plus à leur juste valeur.

Avez-vous des exemples de ce genre de discours ?

Oui, il y en de plusieurs sortes :

  • Ce sont tous ces récits qui retracent les événements, les expériences, les situations que les gens vivent et qui leur montrent ce qui compte véritablement pour eux.
  • Ce sont aussi des histoires qui montrent qu’ils sont importants dans la vie d’autres gens et contribuent aussi à l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.
  • Il y a aussi des discours où s’expriment leurs valeurs, ce qui les guident au quotidien, mais aussi leurs projets, leurs rêves ou leurs espoirs pour l’avenir.

Toutes ces histoires qu’ils finissent par préférer, fragilisent considérablement l’influence que j’exerce sur eux. En effet, au fur et à mesure qu’ils prennent conscience que toutes ces histoires existent vraiment dans leur vie, qu’elles sont liées entre-elles et qu’elles constituent une alternative à l’histoire que je leur impose, au bout d’un moment ils retrouvent une image valorisée d’eux-mêmes. Et ça, c’est pas très bon pour mes affaires.

Qu’est-ce qui se passe pour vous quand la personne résiste à ce que vous voulez lui imposer ?

Et bien je me mets en état d’alerte et suis hyper vigilante en observant la moindre situation propice à un inconfort émotionnel. De là, j’active tous mes leviers pour la faire trébucher (craving, pensées permissives ou soulageantes, interprétation faussée des situations, etc). Si elle maintient sa résistance au-delà de quelques dizaines de minutes, je m’épuise assez rapidement et je n’ai pas d’autre choix que de lui céder la place. Mais faites-moi confiance, ce n’est que partie remise.

Quelles initiatives prises par la personne vous ont fait perdre de votre influence ?

Toutes les initiatives qui vont dans le sens de ce qui est important pour elle. Quand la personne agit en fonction de ses propres valeurs en vue de s’inscrire dans des projets qui lui plaisent tout en y trouvant du sens, alors mon influence diminue. Et si en plus elle est entourée, soutenue et accompagnée par des personnes avec lesquelles elle tisse des liens précieux, alors là je crains que mes plans tombent à l’eau.

Enfin, si elle choisit de poursuivre cette voie sur le long terme, alors j’envisage sérieusement de quitter la personne pour m’investir ailleurs.

Bienvenue !

Je suis Sandra Kaliamma, messagère des Plans de Lumière, thérapeute holistique et artiste musicienne. Mon rôle est de vous accompagner sur votre chemin de vie, en reliant la lumière et l’ombre pour permettre à la Source de Vie de s’épanouir en vous.

 

2024, année du renouveau : Calli-Thé évolue et devient Kaliamma. Ce changement de nom reflète une nouvelle étape dans notre mission, tout en maintenant notre engagement à vous guider vers l’harmonie et l’épanouissement intérieur. ✨

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